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Bien le bonjour à tous,
J'essaye de me convaincre que je suis en train de rêver, mais non, ce n'est pas le cas, le bout de mon nez est bien tout froid et je tappe sur le clavier emmitouflé dans mes mitaines et mon gros pull en laine, ça y est, je suis rentré.
Je nous revois encore sur le pas de la porte de l'appartement il y a un peu plus de 2 mois et demi avec tout notre bardas sur les épaules, prets à aller sillonner les pistes poussiéreuse de l'Afrique de l'ouest et des rêves plein la tête. C'est terriblement cliché mais j'ai l'impression que c'était hier...
Aujourd'hui la poussière des pistes est sur mon sac-à-dos et sur mes baskets qui sont posés dans un coin, les rêves ont fait place à une multitude de souvenirs de là-bas; j'ai des couleurs plein la tête, ça m'aidera à affronter la grisaille de l'hiver qui arrive.
Pourtant, le retour au pays est étrange, j'ai l'impression que l'appart à retréci, mon chat est devenu obèse à force de se gaver au distributeur de croquettes, les draps sont froids et humides quand je me couche, et j'ai la sensation d'être gavé d'une manière générale... Je me sens gavé de voir des objets partout où je pose les yeux, gavé de toutes ces images qui défilent à la télé ou sur internet, gavé dès que je mange un peu, tout me semble très riche en graisses, sucres, proteines, etc...
Je me dis que c'est psychologique mais malgrès tout je n'ai pas très faim. Gavé aussi de toutes ces choses qui font ici le quotidien, les pubs, les factures, le stress, la vaisselle (ma pire ennemie), les courses, la cuisine, les tâches ménagères...
Bon, je sais, c'est le quotidien de tout le monde. Certes. Mais bon quand même.
En tous cas le voyage était une super expérience, c'était génial de pouvoir avoir de vos nouvelles de temps en temps via le blog et de pouvoir partager un petit bout de ce que nous avons vécu. On vous racontera tout plus en détail autour d'une tartiflette, avec les photos pour illustrer tout ça!
Vu que le retour s'est fait un peu rapidement nous n'avons pas eu le temps (pris le temps?) d'écrire tout ce que nous avions envie de vous faire partager, sur le Burkina en particulier, donc nous allons continuer à mettre quelques articles à l'occasion.
Voilà! merci à tous ceux qui ont contribué à la vie de ce blog en nous suivant de temps en temps!
@+
Un beau voyage commence toujours par une belle rencontre...
Quelques jours avant mon départ pour Bobo Dioulasso, j'ai fait la rencontre d'un ange du continent noir : Fatou. Fatou, c'est l'étoile de Bobo, c'est la "coucou" de Laure. Elle est belle, sensible, surprenante, incroyablement vivante. On ne peut que tomber sous le charme. C'est à Paris que nous nous sommes rencontrées avec Jean, son ami. Ce qui frappe d'emblée chez cet homme, c'est sa curiosité, son goût pour la culture et pour l'art, pour les hommes et leurs savoirs-faires, son amour pour l'humain.
Ensemble, nous nous sommes promenés dans les rues de Paris, en prenant le temps d'apprendre à nous connaître. Nous nous sommes laissés porter par les vents, un peu à contre-courant de la vie parisienne et de son empressement. Les mots me manquent pour vous faire partager ces moments de découverte. Les yeux écarquillés de Fatou, son immuable coquetterie, sa sensibilité pour le malheur des hommes ont restauré mon regard aveuglé par le stress de la vie quotidienne.
Quelques jours plus tard, nous prenons notre envol pour Ouagadougou, capitale du Burkina Faso. A l'aéroport de Paris, c'est déjà un peu l'Afrique, tout le monde parle, tout le monde rit et notre tristesse de quitter ceux que l'on aime s'apaise un peu. Après une longue nuit entrecoupées d'escales à Agadir et à Bamako, nous nous posons à Ouaga' sous une chaleur déjà écrasante pour un début de matinée. A la lumière de l'aube se dévoile une ville de terre et de poussière ocre. Déjà les vélos et les mobylettes se pressent entre les buildings.
A la descente de l'avion, une mauvaise surprise nous attend : mon sac à dos est resté en France. Mais je suis bien décidée à ne pas m'en faire, comme on dit ici " y'a pas de problème ". Et d'ailleurs tout s'arrange, Fatou m'a prêté des vêtements, son oncle de Ouaga va s'occuper de réceptionner mon bagage quand il arrivera, s'il arrive ! :-)
Après quelques formalités, nous prenons le bus pour Bobo Dioulasso. A l'arrivée, tout le monde nous attend : Laure, Dimitri, le amis et la famille de Fatou. J'ai du mal à retenir mes larmes devant cet accueil chaleureux et ma joie de revoir ma petite soeur. Ce soir, la famille de Fatou a organisé une petite fête. Un vrai repas de roi accompagne nos récits de voyage et nos plaisanteries. Ceci n'est pourtant pas si inhabituel. Les bobolais sont des gens très accueillants, soucieux des autres et de leur bien-être, toujours prêts à partager un moment ou à faire la fête.
Ainsi commence ma découverte d'un pays empli d'amour et de joie de vivre, un pays qui invite au repos, à la rencontre et à l'échange...
Ani soroma, bonjour!
Nous sommes maintenant à Bobo depuis deux semaines et la vie se déroule tranquillement, il fait bien beau et chaud, on pense à vous et à l'automne qui doit s'installer là-bas, on se demande si on va rentrer finalement ^^. En même temps il pleut aussi par moments car la saison des pluies n'est pas tout à fait terminée...
Ici la ville est vraiment agréable, les gens sont tous gentils et souriants bien que ce soit souvent pour vous vendre quelque chose, et on mange super bien pour 100 à 500 francs cfa, on se demande ce qu'ils y gagnent...
Ce qui marque ici c'est qu'il y a une lumière particulière qui rend les couleurs plus belles que chez nous c'est assez difficile à expliquer mais j'ai un peu l'impression de me promener dans un tableau, le ciel lui aussi est impressionnant, on dirait même qu'il est plus grand qu'en france...
Nous n'avons malheureusement pas trop le temps d'écrire de longs textes comme vous avez pu le voir, de plus on risque l'angine à chaque fois dans les cyber tellement la clim est forte. Laure organise son temps entre ses cours de danse, son boulot à la fonderie, et ses soirée au Tarkay, elle ne peut donc plus trop aller sur internet; je vais donc essayer de garder le blog à jour en mettant plus de photos et moins de texte.
bise à tout le monde!
Bien le bonjour chers amis,
Nous avons comme convenu quitté la Mauritanie il y a quelques jours déjà, par une route qui longe plus ou moins le fleuve Sénégal et qui porte un bien joli nom puisqu'elle est connue en tant que "route de l'espoir". Il s'agit à l'origine d'un grand projet qui était de construire une voie goudronnée entre Nouakchott à Bamako afin de développer les échanges entre ces deux villes. Ce projet n'arriva pas à terme puisqu'il reste environ 170km de piste bien cabossée un peu avant Bamako...
Il nous a fallu 4 jours pour effectuer le trajet car nous devions nous arréter dès la tombée de la nuit, la route étant sans arret traversée par des centaines de troupeaux de chèvres, ânes, zébus ou dromadaires... c'est incroyable tout les animaux que nous avons pu voir, pour un peu on se serait cru dans un safari ou dans l'enclos d'un zoo...
(En ce qui concerne notre ami le dromadaire rebondissant, c'est pas qu'il sautille de joie d'aller au bord de l'eau, c'est plutôt qu'il a les pattes de devant attachées ensemble).
Le passage de la frontière Malienne se fit sans encombre, nous avons juste eu à décliner gentillement la proposition du douanier qui consistait à lui verser 2000 ouguiyas par personne pour ses "frais de dossier". Qui ne tente rien n'a rien...
On a tendance à dire que les frontières ne sont que des lignes virtuelles, mais il est impressionnant de constater à quel point les paysages et les gens sont différents de part et d'autre des ces lignes invisibles. Autant la Mauritanie était vraiment un pays sec sans arbres, autant le Mali se révéla être verdoyant avec pleins de forêts... De la même manière, les mauritaniens pratiquent un islam où on rigole pas tous les jours, alors que les maliens vous diront avec un grand sourire qu'ils ont choisi un islam "moderne", c'est à dire qu'ils prient à l'occasion, si ils ont fini leur bière ^^.
Bref quand on entre au Mali, on arrive vraiment en Afrique noire, l'ambiance est à la fête, les gens sont adorables et les enfants vous demandent un cadeau ou un "bic" avant de vous dire bonjour... Ici on aime pas le Paris-Dakar car les gens nous disent qu'avec tout leur argent ils donnent plein de cadeau aux gamins qui pensent ensuite que tous les toubabs (les blancs) sont riches, et ils préfèrent du coup faire la manche plutôt que d'aller à l'école. Sans compter que ça déstabilise l'économie locale, le marchand de quartier qui vendait des stylos peut commencer à chercher un autre boulot.
Je suppose (j'espère!) que les organisateurs et participants du Paris-Dakar voulaient bien faire, ça montre à quel point il faut faire attention et envisager toutes les conséquences que pourrait ammener telle ou telle action ici. Il arrive qu'en voulant aider dans un sens, on provoque plus de dégats sur un autre plan... Pour nous qui comptons sur notre voyage pour nous faire une idée des besoins en Afrique et essayer monter un projet pour la prochaine fois, c'est une bonne leçon.
Bon, nous avons du rester un peu à Nioro-du-Sahel, permière ville après la frontière car nous étions tous les 3 complètement à sec, le premier distributeur était à Bamako, et à moins de pousser la voiture sur les derniers 400km, il fallait trouver de l'argent pour mettre du gasoil. C'est assez frustrant d'avoir de l'argent sur son compte (une fois n'est pas coutume comme on dit) et de ne pas pouvoir le retirer...
Pendant que Jean-Marc essayait de trouver un peu de fraîcheur sous un arbre, nous nous sommes adonnés au sport national: chercher un toubab qui pourrait nous filer des sous. Après enquête nous avons entendu parler d'un prêtre belge qui bosserait dans une mission locale pas trop loin de là... On tente le coup, ça fait longtemps qu'on en a pas vu en plus, c'est limite de l'ethnologie, parfait ça colle au voyage.
Nous rencontrons donc cet homme dans une bibliothèque qu'il a mise en place pour les enfants du quartier. Nous lui faisons part de notre petit problème, et il nous dit qu'il a un compte en France et qu'il peut donc nous dépanner... Sympa. Nous le remercions chaleureusement, nous avons maintenant de quoi manger, dormir, et faire le plein.
C'est donc le lendemain dans l'après midi, après une journée de piste/route, que nous sommes enfin arrivés à Bamako...
Nous avons enfin pu retirer de l'argent, rembourser Jean-Marc, et retrouver notre autonomie! ahhh... c'était tellement bon que nous sommes directement aller boire une Flag pour fêter ça ^^.
Nous avons passé la nuit dans une auberge encore plus sympa que celle de Nouakchott, mais il n'y avait pas autant d'ambiance. Nous avons passé une journée dans cette ville, c'était dimanche mais nous n'avons pas vu de mariage ^^. Par contre on nous avait dit qu'il y avait des hippopotames juste en dessous de l'un des deux ponts qui traversent l'immense fleuve Niger, nous avons guetté mais ils ne sont pas montrés. Du coup on est allé au zoo, c'est plus simple.
Nous avons fait nos adieux à tous le monde tôt le lendemain car nous avions réservé un taxi-brousse pour la dernière partie de notre voyage, ça nous a fait bizarre de nous dire que nous étions bientôt arrivés, après un mois de nomadisme on s'y habitue un peu...
Voilà, maintenant nous sommes à Bobo-Dioulasso depuis 2 jours, fin du voyage, ici s'arrête l'aventure itinérante et ici commence l'aventure humaine, un mois de vie à l'africaine à Bobo au BURKINA FASO "pays des hommes intègres".
Bisous à tous, on pense bien à vous comme d'hab', revenez nous voir de temps en temps, il y aura de nouveaux articles sur le blog!
Bonjour à tous,
Pas grand chose de nouveau depuis la dernière fois puisque nous sommes toujours à Nouakchott. Depuis que nous avons mis les pieds jeudi dernier à l'Auberge MENATA, nous sommes dans une petite parenthèse à notre "road-trip" puisque nous sommes entre routards de tous ages venant de partout et allant dans toutes les directions. L'équipe est super sympatique et c'est bien intéressant de voir comment voyagent les autres, nous avons ainsi rencontré Tibo, un artiste qui est parti pour un tour du monde en 3 ans financé par plusieurs personnes qui lui versent tous 10€ par mois en contrepartie de quoi il envoie régulièrement des dessins de son voyage à chacun; rencontre aussi d'Olivier, un belge vraiment sympa qui entame la descente de l'Afrique en vélo en solitaire, une bonne solution pour être vraiment en contact avec la population; certains sont là aussi pour vendre des voitures dont on ne veut plus en France et qui sont neuves pour ici ^^, chacun est intéressant à sa manière...
On fait plus ou moins tout tous ensemble, que ce soit pour aller au port assister à l'arrivée des pêcheurs, pour aller marchander les prix au marché, pour faire la cuisine, pour aller sa baigner à la tombée du jour ou juste pour prendre l'apéro. Bref on se marre bien, c'est un peu la colo ^^.
On avait prévu de continuer notre route dimanche ou lundi avec quelqu'un de l'auberge qui fait la même route que nous en 4x4, mais pour des raisons diverses zé variées le départ est sans cesse repoussé... Apparement on décolle vers 15h30 cet aprem, tant mieux car on aura plus un rond d'ici très peu vu qu'il n'y a rien dans ce pays pour obtenir de l'argent avec sa carte bleue.
Sinon il y a un changement de programme assez important puisque nous avons décidé de zapper le Sénégal pour aller directement au Mali, le temps ne nous le permettant pas cette fois ci... C'est dommage car nous comptions prendre le train de Dakar à Bamako qui apparement est hyper "authentique", genre 3 jours de voyage sans eau ni électricité ou toilettes à bord, le tout dans une ambiance populaire à bord de wagons sommaires remplis de bagages et de trois fois plus de personnes qu'il n'y a de place (et certainement quelques animaux). Tant pis, ce sera pour la prochaine fois.
Nous serons donc normalement à Bamako capitale du Mali d'ici deux ou trois jours, il nous tarde de reprendre la route!!!
On pense bien à vous, bizzzz
Salut à tous!
5 jours déjà se sont écoulés depuis le dernier article. Mais ne vous inquietez pas, tous va bien! Nous avons décidé de descendre assez vite jusqu'à la frontière Mauritanienne car le temps file et nous avons eu tendance à nous laisser un peu vivre dans ces belles cités marocaines!
Nous avons fait pas mal de kilomètres et un bon nombre d'heures de bus à travers le Sahara en direction du sud en longeant la côte. La route étant longue et les bus premiers-prix en piteux état, nous sommes tombés en panne trois fois au cours d'un même trajet...
C'était quand même bien sympa car on aurait pu payer plus cher pour avoir un bus confortable et climatisé, mais là on a vraiment partagé un moment autentique (le chauffeur était vraiment un personnage ^^) et on a pu voir à quel point les marocains sont débrouillards.
Une fois arrivés à destination à Tan-Tan, une ville-étape construite autour de la route, et après une nuit dans un hôtel rempli de cafards, on a abandonné notre vieux bus miteux pour continuer avec un vrai véhicule d'aventurier (Indiana si tu nous regardes...), un bon vieux Land Rover chargé à la toque dans lequel on s'est entassés à dix plus le chauffeur!
on en a même vu avec des chèvres chargées sur le toit, sous le filet ^^
Le land nous emmena sans encombres jusqu'à Laâyoune avec un joli score de 60km/h de moyenne, ça nous a laissé le temps de faire connaissance avec nos camarades de voyage et de nous faire inviter à passer la nuit chez Mariam, Saïd et le petit Smaïn.
Saïd est militaire mécano dans l'aviation, il a donc un "bon salaire" et un grand appartement (sans fenêtres!), c'était propre, nous étions bien installés et nous avons été reçu comme les marocains savent si bien le faire; dommage que Laure ai choisi cette occasion pour vomir son repas du midi (un vrai voyage de routards ne se fait pas sans une bonne tourista n'est ce pas?). Ils ne parlaient pas vraiment français mais on s'est plus ou moins compris ^^, on a bien sympatisé et le petit Smaïn a même pleuré quand nous nous sommes quittés le lendemain...
Nous avons ensuite poursuivi notre descente, serrés comme des sardines en boite, dans un "grand" taxi (3 devant et 4 derrière...) jusqu'à Boujdour puis dans un bus climatisé (quel luxe!!) jusqu'à Dakhla, dernière ville au Sud du Maroc avant la frontière Mauritanienne, où nous sommes actuellement.
Nous avons nos visas, nos passeports et quelques euros achetés ici au marché noir (pas de distributeurs en Mauritanie!!!!), et nous avons rendez-vous demain matin pour passer la frontière dans un fourgon avec d'autres voyageurs, beaucoup de paperasse à remplir à chaque poste de contrôle au programme, mais qu'importe! Mauritanie, nous voici!!
"Ceux qui sont trop pressés sont déjà morts" - Samir, Fès -
"Quand le ventre est plein le nègre est content" - Mamadou, Nouadhibou -
"Je suis athé, dieu merci" - Jean-Marc, de toulouse -
"Quoi que nous fassions, un éléphant ne rentrera jamais dans une marmite" - proverbe africain -
"La vraie cuisine est celle dont on ne se fatigue jamais. Après un repas parfait il faut garder l'impression qu'on serait capable de recommencer, c'est un peu comme après l'amour mais ceci est une autre histoire..." - Ernest, cuisto, Bobo -
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