le crou

l'idée

Enfiler nos baskets, prendre nos sacs à dos et partir de Toulouse à Bobo-Dioulasso en passant par l'Espagne, Maroc, Mauritanie, Sénégal, Mali et Burkina Faso, à la rencontre de gens qui vivent ailleurs, différemment, dans un contexte qui n'est pas le même. Partir vérifier par nous même s'il est vrai que c'est lorsqu'on ne possède rien que l'on à tant à partager. Aller à la recherche de ces valeurs qui ont disparu chez nous et qui semblent toujours exister là-bas. Partir aussi pour voir ce qu'est vraiment la misère et essayer de s'en souvenir quand on se plaindra un peu trop souvent de nos problèmes si "importants". Aller voir de nos propres yeux un échantillon de la diversité de ces incroyables paysages qui parsèmment la terre et dont on a presque oublié qu'ils n'existent pas qu'à la télé. Et aller boire une Flag au Tarkay tout simplement.

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ze message d'accueil

Salut à tous!!! Bon alors la situation est simple: nous sommes sur les routes (ou plutôt les pistes) quelque part entre Toulouse et Bobo-Dioulasso (on est juste à côté d'un caillou pas loin d'une poule, vous pouvez pas nous louper), et vous êtes chez vous entrain de siroter un pastis, à priori on ne va pas se voir avant un p'tit moment... C'est donc ici que nous nous retrouverons en attendant, mettez vous à l'aise et faites comme chez vous car vous êtes les bienvenus. (sauf les moustachus)
Dimanche 19 novembre 2006

Bien le bonjour à tous,

          J'essaye de me convaincre que je suis en train de rêver, mais non, ce n'est pas le cas, le bout de mon nez est bien tout froid et je tappe sur le clavier emmitouflé dans mes mitaines et mon gros pull en laine, ça y est, je suis rentré.
   Je nous revois encore sur le pas de la porte de l'appartement il y a un peu plus de 2 mois et demi avec tout notre bardas sur les épaules, prets à aller sillonner les pistes poussiéreuse de l'Afrique de l'ouest et des rêves plein la tête. C'est terriblement cliché mais j'ai l'impression que c'était hier...
          Aujourd'hui la poussière des pistes est sur mon sac-à-dos et sur mes baskets qui sont posés dans un coin, les rêves ont fait place à une multitude de souvenirs de là-bas; j'ai des couleurs plein la tête, ça m'aidera à affronter la grisaille de l'hiver qui arrive.
Pourtant, le retour au pays est étrange, j'ai l'impression que l'appart à retréci, mon chat est devenu obèse à force de se gaver au distributeur de croquettes, les draps sont froids et humides quand je me couche, et j'ai la sensation d'être gavé d'une manière générale... Je me sens gavé de voir des objets partout où je pose les yeux, gavé de toutes ces images qui défilent à la télé ou sur internet, gavé dès que je mange un peu, tout me semble très riche en graisses, sucres, proteines, etc...
Je me dis que c'est psychologique mais malgrès tout je n'ai pas très faim. Gavé aussi de toutes ces choses qui font ici le quotidien, les pubs, les factures, le stress, la vaisselle (ma pire ennemie), les courses, la cuisine, les tâches ménagères...
Bon, je sais, c'est le quotidien de tout le monde. Certes. Mais bon quand même.

En tous cas le voyage était une super expérience, c'était génial de pouvoir avoir de vos nouvelles de temps en temps via le blog et de pouvoir partager un petit bout de ce que nous avons vécu. On vous racontera tout plus en détail autour d'une tartiflette, avec les photos pour illustrer tout ça!

Vu que le retour s'est fait un peu rapidement nous n'avons pas eu le temps (pris le temps?) d'écrire tout ce que nous avions envie de vous faire partager, sur le Burkina en particulier, donc nous allons continuer à mettre quelques articles à l'occasion.

Voilà! merci à tous ceux qui ont contribué à la vie de ce blog en nous suivant de temps en temps!

@+

par Dimitri publié dans : downtoburkina
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Mercredi 15 novembre 2006
On ne peut pas passer du temps au Burkina sans parler de Coupé-Décalé, musique à la mode dans tout bon maquis qui se respecte. Ca vient de la Côte l'Ivoire est c'est incroyablement efficace lorsqu'il s'agit de faire bouger les fesses ^^. Voici un petit apperçu de ce que ça donne:
par Laure n' Dimitri publié dans : downtoburkina
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Samedi 11 novembre 2006
Bonjour les gens,

            Il est temps de faire un peu le point sur la situation, histoire de donner quelques nouvelles à ceux qui suivent.
Laure est maintenant rentrée en France depuis plusieurs jours car elle avait une exposition à mettre en place à Toulouse, exposition où elle révelera au grand public le fruit de son travail effectué ici à Bobodioulasso à la sueur de son front et à grands renforts de Flags.
           Emilie a pour sa part quitté le sol burkinabé quelques jours plus tard, non sans être passé visiter le village de Tiébélé au nord de Ouaga, ça à l'air plutôt joli, vous pouvez aller voir les photos sur le blog de Marine et Jane.
Et tiens, puisqu'on parle d'elles (notez la transition), elles sont aussi rentrées en France... en passant par Tiébélé (le manque d'originalité de ces filles est affligeant...).

J'ouvre une parenthèse pour préciser aux sus-citées filles en question que oui je m'excuse, que non je ne suis pas sérieux, qu'il ne faut pas se mettre à pleurer pour si peu, et puis bon que ce n'est pas ma faute si elles n'ont pas d'humour après tout.

           Nous avons aussi eu la visite d'Olivier, notre ami le vélocycliste solitaire belge, qui a profité de se trouver à Bamako pour faire un petit détour (en bus) et venir passer quelques jours sous notre toit. Il fût égal à lui même, drôle, gentil et belge.

       
         Voilà, je continue maintenant un peu le voyage tout seul, toujours à Bobo, je prends le temps d'approfondir un peu plus les relations qui se sont établies depuis un mois et demi. L'idée principale étant d'essayer de vivre au même niveau que la plupart des gens d'ici, en limitant les dépenses au strict minimum, en partageant leur quotidien, leur nourriture (ou leur absence de nourriture...), leurs discussions, leurs joies et les moments moins drôles.
Malgrès toute ma bonne volonté et mes efforts pour aller dans ce sens (j'ai troqué la mobylette contre un vieux vélo qu'il m'a fallu remettre en état, et j'ai réduit le loyer à la même hauteur que le leur) , je ne peux qu'approcher la réalité de leur condition pour diverses raisons: la première étant que la vieille de la cour où je loge n'a pas voulu que je quitte ladite cour pour aller dans la chambre plus modeste que j'avais dégottée dans un autre quartier. Elle m'a baissé le loyer au même prix pour que je reste, je bénéficie donc toujours de mon petit confort avec mon grand salon, mes deux chambres doubles et ma douche privée...
Puisque la vieille tenait tant à ma compagnie (qui a dit à mon argent?), et dans un soucis d'adhérer le plus possible à ce modeste mode de vie que je cherche tant à expérimenter, j'ai décidé de condamner l'acces aux chambres et à la douche, ne me laissant que le salon comme pièce de vie dans lequel se cotoient maintenant en rangs serrés mon matelas à terre surplombé de ma moustiquaire, mon vélo qui a retrouvé une jeunesse toute relative, mes quelques chaises, ma table basse, un lit une place qui essaye de me faire croire qu'il est un canapé, et tout le joyeux bordel que sait générer un homme quand sa femme n'est plus là.
Pour la douche ça se passe dehors le soir à la belle étoilé et c'est vraiment agréable, si l'on fait abstraction du fait que l'immensité étincelante qui me fait office de toit n'a de cesse de me rappeller l'étendue tout aussi immense de mon inculture en matière de constellations.

La deuxième raison qui m'empêche d'être réellement dans les mêmes conditions qu'eux est que même si je me limite à 600 ou 1000cfa par jour (c'est selon), je ne peux m'empêcher d'être conscient que si un jour je me retrouve dans l'une des galères qui font ici leur quotidien (maladie, fin des économies,etc...), il me suffit d'aller au distributeur le plus proche avec ma carte bleue et le problème sera réglé. Ici encore plus que chez nous l'argent fait tout car en cas de soucis de santé les soins sont et réservés à ceux qui peuvent se les payer; les autres devant se contenter de ces médicaments vendus à la sauvette dans la rue sans posologie et dont l'origine, l'authenticité et la validité sont plus que douteuses. Les seules indications que l'on obtient étant celles du vendeur qui s'y connait en médecine autant que moi, ces médicaments sont ici comme dans d'autres pays certainement, un fléau qui tue plus qu'il ne soigne.

         Malgrès tout ça, ce qui est fort ici (émotionnellement parlant), c'est que les gens gardent le sourire et la bonne humeur en disant que demain ça ira mieux. J'ai vu un jour une inscription peinte sur les flancs d'un camion qui passait dans la rue qui disait "dors confortablement petit frère, tu mangeras demain..."; le temps que le camion disparaisse au coin de la rue j'avais les yeux humides et la gorge serrée. Devant ce message d'espoir simple qu'un africain voulait communiquer à ses frères qui galèrent se trouvait résumée la réalité de leur vie, ça m'a touché au plus profond et je me suis une fois de plus fait la promesse d'essayer de ne jamais plus me plaindre de malheurs qui n'en sont pas.
Des leçons de vie comme celle ci j'en prend presque tous les jours, comme cette fois où j'étais en train de discuter avec deux "vieux" (la cinquantaine) rencontrés au bord de la route alors que j'attendais un camion de coton qui devait m'embarquer pour Ouaga pour économiser un billet de bus, et où j'ai sorti de mon sac un reste de pain acheté le matin même, m'apprétant à lui faire un sort pour calmer un peu la faim qui me tenaillait, non sans les avoir bien sur invités à partager ma maigre pitance, offre qu'ils ont tous deux déclinés. L'un d'eux me demanda si je n'avais rien à mettre dans le pain pour améliorer mon repas, et je répondis non, car j'avais déjà dépensé la somme que je m'étais fixée par jour... Il me demanda si c'était une histoire d'argent, et quand je lui ai répondu que oui, il m'a attrapé le bras en me regardant dans les yeux d'un air amical et plein de compassion, et m'a dit "ça va aller...". Je n'ai pas pu avaler ma bouchée de pain sur le moment tellement j'avais, une fois de plus,  la gorge serrée de voir cet homme avec ses vieux habits sales qui me tenait le bras en me réconfortant alors que ce n'était pour moi qu'un "jeu" et que j'étais très certainement plus riche que lui.

             On dit que les voyages forment la jeunesse, c'est tellement vrai, et tous ces petits moments de vie sont autant de leçons qui entrent en moi aussi brutalement que n'a tenté de le faire cette chauve-souris que je me suis pris en pleine tête en roulant en mob hier soir. Ca surprend et ça fait un choc mais au moins on oubliera pas.

Bref j'essaye d'absorber un maximum de toute cette culture, je sais que c'est moi même que je façonne à travers ce voyage.




Je parle beaucoup de moi mais il ne faut pas croire que je vous oublie, je pense à vous tous autant que vous êtes, même toi là, le petit chauve qui se cache derrière.

@+
par dimitri publié dans : downtoburkina
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Vendredi 20 octobre 2006
Salut tout le monde!

       Bon déjà je tiens à m'excuser pour la rarification des articles et autres photos sur le blog, j'en suis bien conscient et c'est pas très sympa pour ceux qui veulent avoir des nouvelles ou qui essayent de voyager un peu avec nous à travers cette petite fenêtre sur l'afrique qu'est downtoburkina.
Je ne vais pas chercher d'excuses (même s'il y en a!) (si si c'est vrai), je vais juste essayer de tenir le radeau à flots en attendant d'être de retour en france et bien tout vous raconter avec photos à l'appui.

     Donc je vais essayer de vous mettre dans l'ambiance, installez vous bien dans votre petit fauteuil, servez vous une petite bière (ou un bon thé chaud, c'est peut-être un peu plus de saison pour vous ^^). Quoi qu'il en soit, préparez vous, on repart en voyage...

- fondu enchaîné qui ondule légèrement avec une petit scintillement de sons doux genre pluie de pailettes -

Vous n'êtes plus chez vous maintenant, mais au beau milieu d'une cour africaine plutôt grande avec un immense arbre à Pommes-Canelles plein de fruits. Il y a aussi d'autres arbres plus petits et des buissons de plantes bien ordonnés comme de petites haies, toute cette verdure procure un ombrage et une fraîcheur bien appréciable car il fait très beau. Au dessus de votre tête se croisent de multiples fils à linge qui traversent la cour de part en part et où pendent de nombreux habits colorés qui goutent en dorant au soleil; ils viennent juste d'être lavés par Bassira, c'est elle là, qui est entrain de remplir son seau au robinet commun au milieu de la cour. Encore entrain de rire comme d'habitude... C'est vous qui la faites rire assis dans votre fauteuil comme ça, levez vous vous êtes les bienvenus! Regardez là, juste en face dans l'autre coin, la femme qui prépare à manger pliée en deux avec un bébé attaché dans le dos c'est Mariam, ça sent bon je crois que c'est du faro. En tous cas ça à l'air de plaire à la petite Djénéba, elle gazouille en faisant des bulles ^^.
La vieille qui somnole sur son siège avec son boubou et ses grosses lunettes, c'est Fanta, la propriétaire, elle est assise là toute la journée et surveille que tout soit bien fait, c'est aussi elle qui donne l'argent quand il faut aller acheter quelque chose. Le gars dans l'arbre qui vous fait tomber des feuilles dessus c'est Kader, il est entrain de chercher une pomme-canelle bien mûre pour moi, je vous ferai goûter c'est délicieux. Tous les gamins qui vous regardent en rigolant assis par terre devant l'entrée sont des enfants du quartier, ils sont tous venu ce matin dès qu'ils ont entendu le son du djembé et du doum-doum des deux musiciens qui jouent là sur le banc pendant que Issa, le prof de danse de laure lui montre un nouveau pas. Elle apprend super vite on sent qu'elle adore ça. Tiens justement elle refait tout l'enchaînement toute seule, on va s'assoir avec les enfants.
Ils frappent des mains pour accompagner, ça fait sourire laure, c'est pas tous les jours qu'elle a un public comme ça! Elle transpire beaucoup, il faut dire que ça fait déjà 1h et demie qu'elle se donne à fond sur les rythmes endiablés des percus... courage, plus qu'une demie heure. En tous cas elle danse vraiment bien, tout le monde est  impressionné: une toubab qui bouge comme une africaine!
On va la laisser terminer, elle nous rejoindra plus tard.
Toutes les portes colorées qui donnent sur la cour  à part celle de l'entrée sont autant de logements; il y en a trois pour la famille, une louée à un couple africain, ben tiens, la femme c'est elle là entrain de balayer, elle a une main atrophiée mais elle fait tout comme les autres elle se débrouille très bien; l'autre porte à côté c'est celle de Kossy mais vous ne le verrez pas ici il est parti à la fonderie tôt ce matin, il est bronzier, je vous montrerai des photos de son travail.
La dernière porte rouge là, c'est chez nous, entrez on va visiter. Attention à la marche. Alors voilà ici c'est le salon, comme vous le voyez c'est plutôt grand, on y rentre même la mobylette la nuit... La déco est plus que sommaire et assez hétéroclite mais j'aime bien cette vieille carte sur le mur là, du temps où le burkina s'appellait encore la Haute Volta. Ah si, par contre ce masque ci et les petites sculptures sur le rebord de la fenêtre c'est Charlotte qui nous les a prétés pour meubler un peu ^^, elle les a acheté à Boromo chez son ami l'artiste Bomavé, je l'ai déjà rencontré à un festival africain aux alentours de toulouse, il travaille bien. Bon sinon à part ça il n'y a que cette table basse et les chaises en bois qui sont autour, le ventilateur et le lit une place dans le coin qui nous sert de canapé. Le joli tissus qu'on a mis dessus ne vient pas d'ici, on l'a rammené de Mauritanie y'en a de magnifiques là bas...
Et puis là sur ce petit tabouret près de la porte c'est étagère à petit déj'. Il y a tout ce qu'il faut, sachés de thé, lait en poudre, sucre, bananes et surtout, surtout, le pot de nutella que Philippe nous a rapporté en surprise de France ^^.
Ici c'est notre chambre avec le grand lit et la moustiquaire, ne faites pas attention aux habits qui trainent partout, on a un petit soucis de place pour les stocker... Et juste derrière là c'est la chambre d'Emilie avec le coin douche (le trou par terre et le seau d'eau).
Bon ben voilà on a fait le tour de notre petit chez nous, on aurait pu être plus mal logé hein? ^^ On se sent vraiment bien ici car il y a toujours de la vie, et on fait déjà presque partie de la famille.

Bon il est l'heure pour moi de partir, j'ai des courses à faire en ville, mais revenez plus tard, on continuera la visite ensemble, je vous ferai faire un tour de la ville en mobylette.

bye

par Dimitri publié dans : downtoburkina
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Samedi 14 octobre 2006

Un beau voyage commence toujours par une belle rencontre...

Quelques jours avant mon départ pour Bobo Dioulasso, j'ai fait la rencontre d'un ange du continent noir : Fatou. Fatou, c'est l'étoile de Bobo, c'est la "coucou" de Laure. Elle est belle, sensible, surprenante, incroyablement vivante. On ne peut que tomber sous le charme. C'est à Paris que nous nous sommes rencontrées avec Jean, son ami. Ce qui frappe d'emblée chez cet homme, c'est sa curiosité, son goût pour la culture et pour l'art, pour les hommes et leurs savoirs-faires, son amour pour l'humain.

Ensemble, nous nous sommes promenés dans les rues de Paris, en prenant le temps d'apprendre à nous connaître.  Nous nous sommes laissés porter par les vents, un peu à contre-courant de la vie parisienne et de son empressement. Les mots me manquent pour vous faire partager ces moments de découverte. Les yeux écarquillés de Fatou, son immuable coquetterie, sa sensibilité pour le malheur des hommes ont restauré mon regard aveuglé par le stress de la vie quotidienne.

Quelques jours plus tard, nous prenons notre envol pour Ouagadougou, capitale du Burkina Faso. A l'aéroport de Paris, c'est déjà un peu l'Afrique, tout le monde parle, tout le monde rit et notre tristesse de quitter ceux que l'on aime s'apaise un peu. Après une longue nuit entrecoupées d'escales à Agadir et à Bamako, nous nous posons à Ouaga' sous une chaleur déjà écrasante pour un début de matinée. A la lumière de l'aube se dévoile une ville de terre et de poussière ocre. Déjà les vélos et les mobylettes se pressent entre les buildings.

A la descente de l'avion, une mauvaise surprise nous attend : mon sac à dos est resté en France. Mais je suis bien décidée à ne pas m'en faire, comme on dit ici " y'a pas de problème ". Et d'ailleurs tout s'arrange, Fatou m'a prêté des vêtements, son oncle de Ouaga va s'occuper de réceptionner mon bagage quand il arrivera, s'il arrive !  :-)

Après quelques formalités, nous prenons le bus pour Bobo Dioulasso. A l'arrivée, tout le monde nous attend : Laure, Dimitri, le amis et la famille de Fatou. J'ai du mal à retenir mes larmes devant cet accueil chaleureux et ma joie de revoir ma petite soeur. Ce soir, la famille de Fatou a organisé une petite fête. Un vrai repas de roi accompagne nos récits de voyage et nos plaisanteries. Ceci n'est pourtant pas si inhabituel. Les bobolais sont des gens très accueillants, soucieux des autres et de leur bien-être, toujours prêts à partager un moment ou à faire la fête.

Ainsi commence ma découverte d'un pays empli d'amour et de joie de vivre, un pays qui invite au repos, à la rencontre et à l'échange...

par Emilie publié dans : downtoburkina
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Samedi 14 octobre 2006

Ani soroma, bonjour!

       Nous sommes maintenant à Bobo depuis deux semaines et la vie se déroule tranquillement, il fait bien beau et chaud, on pense à vous et à l'automne qui doit s'installer là-bas, on se demande si on va rentrer finalement ^^. En même temps il pleut aussi par moments car la saison des pluies n'est pas tout à fait terminée...

Ici la ville est vraiment agréable, les gens sont tous gentils et souriants bien que ce soit souvent pour vous vendre quelque chose, et on mange super bien pour 100 à 500 francs cfa, on se demande ce qu'ils y gagnent...

Ce qui marque ici c'est qu'il y a une lumière particulière qui rend les couleurs plus belles que chez nous c'est assez difficile à expliquer mais j'ai un peu l'impression de me promener dans un tableau, le ciel lui aussi est impressionnant, on dirait même qu'il est plus grand qu'en france...

Nous n'avons malheureusement pas trop le temps d'écrire de longs textes comme vous avez pu le voir, de plus on risque l'angine à chaque fois dans les cyber tellement la clim est forte. Laure organise son temps entre ses cours de danse, son boulot à la fonderie, et ses soirée au Tarkay, elle ne peut donc plus trop aller sur internet; je vais donc essayer de garder le blog à jour en mettant plus de photos et moins de texte.

bise à tout le monde!

par Laure n' Dimitri publié dans : downtoburkina
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Mercredi 4 octobre 2006

Bien le bonjour chers amis,

        Nous avons comme convenu quitté la Mauritanie il y a quelques jours déjà, par une route qui longe plus ou moins le fleuve Sénégal et qui porte un bien joli nom puisqu'elle est connue en tant que "route de l'espoir". Il s'agit à l'origine d'un grand projet qui était de construire une voie goudronnée  entre Nouakchott à Bamako afin de développer les échanges entre ces deux villes. Ce projet n'arriva pas à terme puisqu'il reste environ 170km de piste bien cabossée un peu avant Bamako...

Il nous a fallu 4 jours pour effectuer le trajet car nous devions nous arréter dès la tombée de la nuit, la route étant sans arret traversée par des centaines de troupeaux de chèvres, ânes, zébus ou dromadaires... c'est incroyable tout les animaux que nous avons pu voir, pour un peu on se serait cru dans un safari ou dans l'enclos d'un zoo...



 

 

(En ce qui concerne notre ami le dromadaire rebondissant, c'est pas qu'il sautille de joie d'aller au bord de l'eau, c'est plutôt qu'il a les pattes de devant attachées ensemble).

Le passage de la frontière Malienne se fit sans encombre, nous avons juste eu à décliner gentillement la proposition du douanier qui consistait à lui verser 2000 ouguiyas par personne pour ses "frais de dossier". Qui ne tente rien n'a rien...

On a tendance à dire que les frontières ne sont que des lignes virtuelles, mais il est impressionnant de constater à quel point les paysages et les gens sont différents de part et d'autre des ces lignes invisibles. Autant la Mauritanie était vraiment un pays sec sans arbres, autant le Mali se révéla être verdoyant avec pleins de forêts... De la même manière, les mauritaniens pratiquent un islam où on rigole pas tous les jours, alors que les maliens vous diront avec un grand sourire qu'ils ont choisi un islam "moderne", c'est à dire qu'ils prient à l'occasion, si ils ont fini leur bière ^^.

Bref  quand on entre au Mali, on arrive vraiment en Afrique noire, l'ambiance est à la fête, les gens sont adorables et les enfants vous demandent un cadeau ou un "bic" avant de vous dire bonjour... Ici on aime pas le Paris-Dakar car les gens nous disent qu'avec tout leur argent ils donnent plein de cadeau aux gamins qui pensent ensuite que tous les toubabs (les blancs) sont riches, et ils préfèrent du coup faire la manche plutôt que d'aller à l'école. Sans compter que ça déstabilise l'économie locale, le marchand de quartier qui vendait des stylos peut commencer à chercher un autre boulot.

Je suppose (j'espère!) que les organisateurs et participants du Paris-Dakar voulaient bien faire, ça montre à quel point il faut faire attention et envisager toutes les conséquences que pourrait ammener telle ou telle action ici. Il arrive qu'en voulant aider dans un sens, on provoque plus de dégats sur un autre plan... Pour nous qui comptons sur notre voyage pour nous faire une idée des besoins en Afrique et essayer monter un projet pour la prochaine fois, c'est une bonne leçon.

        Bon, nous avons du rester un peu à Nioro-du-Sahel, permière ville après la frontière car nous étions tous les 3 complètement à sec, le premier distributeur était à Bamako, et à moins de pousser la voiture sur les derniers 400km, il fallait trouver de l'argent pour mettre du gasoil. C'est assez frustrant d'avoir de l'argent sur son compte (une fois n'est pas coutume comme on dit) et de ne pas pouvoir le retirer...

Pendant que Jean-Marc essayait de trouver un peu de fraîcheur sous un arbre, nous nous sommes adonnés au sport national:  chercher un toubab qui pourrait nous filer des sous. Après enquête nous avons entendu parler d'un prêtre belge qui bosserait dans une mission locale pas trop loin de là... On tente le coup, ça fait longtemps qu'on en a pas vu en plus, c'est limite de l'ethnologie, parfait ça colle au voyage.

Nous rencontrons donc cet homme dans une bibliothèque qu'il a mise en place pour les enfants du quartier. Nous lui faisons part de notre petit problème, et il nous dit qu'il a un compte en France et qu'il peut donc nous dépanner... Sympa. Nous le remercions chaleureusement, nous avons maintenant de quoi manger, dormir, et faire le plein.

      C'est donc le lendemain dans l'après midi, après une journée de piste/route, que nous sommes enfin arrivés à Bamako...

Nous avons enfin pu retirer de l'argent, rembourser Jean-Marc, et retrouver notre autonomie! ahhh... c'était tellement bon que nous sommes directement aller boire une Flag pour fêter ça ^^.

Nous avons passé la nuit dans une auberge encore plus sympa que celle de Nouakchott, mais il n'y avait pas autant d'ambiance. Nous avons passé une journée dans cette ville, c'était dimanche mais nous n'avons pas vu de mariage ^^. Par contre on nous avait dit qu'il y avait des hippopotames juste en dessous de l'un des deux ponts qui traversent l'immense fleuve Niger, nous avons guetté mais ils ne sont pas montrés. Du coup on est allé au zoo, c'est plus simple.

      Nous avons fait nos adieux à tous le monde tôt le lendemain car nous avions réservé un taxi-brousse pour la dernière partie de notre voyage, ça nous a fait bizarre de nous dire que nous étions bientôt arrivés, après un mois de nomadisme on s'y habitue un peu...

    Voilà, maintenant nous sommes à Bobo-Dioulasso depuis 2 jours, fin du voyage, ici s'arrête l'aventure itinérante et ici commence l'aventure humaine, un mois de vie à l'africaine à Bobo au BURKINA FASO "pays des hommes intègres".

Bisous à tous, on pense bien à vous comme d'hab', revenez nous voir de temps en temps, il y aura de nouveaux articles sur le blog!

par Laure n' Dimitri publié dans : downtoburkina
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Mercredi 27 septembre 2006

Bonjour à tous,

       Pas grand chose de nouveau depuis la dernière fois puisque nous sommes toujours à Nouakchott. Depuis que nous avons mis les pieds jeudi dernier à l'Auberge MENATA, nous sommes dans une petite parenthèse à notre "road-trip" puisque nous sommes entre routards de tous ages venant de partout et allant dans toutes les directions. L'équipe est super sympatique et c'est bien intéressant de voir comment voyagent les autres, nous avons ainsi rencontré Tibo, un artiste qui est parti pour un tour du monde en 3 ans financé par plusieurs personnes qui lui versent tous 10€ par mois en contrepartie de quoi il envoie régulièrement des dessins de son voyage à chacun; rencontre aussi d'Olivier, un belge vraiment sympa qui entame la descente de l'Afrique en vélo en solitaire, une bonne solution pour être vraiment en contact avec la population; certains sont là aussi pour vendre des voitures dont on ne veut plus en France et qui sont neuves pour ici ^^, chacun est intéressant à sa manière...

 

 

On fait plus ou moins tout tous ensemble, que ce soit pour aller au port assister à l'arrivée des pêcheurs, pour aller marchander les prix au marché, pour faire la cuisine, pour aller sa baigner à la tombée du jour ou juste pour prendre l'apéro. Bref on se marre bien, c'est un peu la colo ^^.

On avait prévu de continuer notre route dimanche ou lundi avec quelqu'un de l'auberge qui fait la même route que nous en 4x4, mais pour des raisons diverses zé variées le départ est sans cesse repoussé... Apparement on décolle vers 15h30 cet aprem, tant mieux car on aura plus un rond d'ici très peu vu qu'il n'y a rien dans ce pays pour obtenir de l'argent avec sa carte bleue.

           Sinon il y a un changement de programme assez important puisque nous avons décidé de zapper le Sénégal pour aller directement au Mali, le temps ne nous le permettant pas cette fois ci... C'est dommage car nous comptions prendre le train de Dakar à Bamako qui apparement est hyper "authentique", genre 3 jours de voyage sans eau ni électricité ou toilettes à bord, le tout dans une ambiance populaire à bord de wagons sommaires remplis de bagages et de trois fois plus de personnes qu'il n'y a de place (et certainement quelques animaux). Tant pis, ce sera pour la prochaine fois.

Nous serons donc normalement à Bamako capitale du Mali d'ici deux ou trois jours, il nous tarde de reprendre la route!!!

On pense bien à vous, bizzzz

par Laure n' Dimitri publié dans : downtoburkina
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Jeudi 21 septembre 2006
Saaaaaalut familles, amis, et toi aussi qui es venu pour les petits fours,

       Nous sommes donc bien arrivés en mauritanie, et comme vous avez pu le constater nous n'avons pas pu nous connecter depuis une bonne semaine; les mauritaniens ayant bizarrement choisi de développer le commerce des dattes plutot que les cyber-cafés.

       Il y a un peu de changement depuis que nous avons quitté Dakhla au Maroc, puisque pour passer en mauritanie nous avons rencontré dans le fourgon un autre voyageur, vous le verrez surement sur les photos, il est indien et s'appelle Navneeth; il faut croire que nous sommes sur la même longueur d'ondes puisque depuis ce jour nous voyageons tous les 3 ensemble ^^.
      Bref le passage entre Maroc et Mauritanie se passa très bien, il y a même un petit gout d'aventure car il faut en fait traverser une zone de 6km qui n'appartient à aucun des 2 pays, c'est un "no-man's land" truffé de mines où il n'y a pas de route mais juste des traces de pneus qu'il faut suivre sans s'en écarter sous peine de faire sauter le véhicule et nous avec.
Une fois sorti de là on tombe sur la frontière Mauritanienne pour ennième contrôle de passeports, mais l'ambiance est bonne, on nous a même offert le repas!

Ensuite on est arrivés à Nouadhibou ou l'on a passé la nuit dans un camping sous une tente traditionnelle, il n'y avait personne car ici la saison touristique commence vers octobre/novembre...
Le lendemain nous avions prévu de prendre le train minéralier en direction de Atar (à l'est) mais dès que nous sommes sortis pour visiter un peu la ville avant de partir, un certain Mamadou nous invita à entrer chez lui pour assister au baptême de sa première fille, Mariam. Nous nous sommes donc mélés à toute la famille venue pour l'occasion, et pendant que les femmes préparaient à manger, on nous a servi un lait caillé aux épices, boisson traditionnellement préparée pour les grands évenements, c'était bien bon.
Nous aurions du partir assez rapidement pour aller prendre le train (1 seul par jour) mais la famille avait l'air tellement désolée que nous partions juste avant le repas que nous avons décidé de reporter notre départ au lendemain. Après tout nous voyageons pour rencontrer des gens!

Nous avons donc mangé le repas composé de riz en sauce avec des légumes et de la viande d'un mouton sacrifié le matin même en l'honneur du bébé, toujours à plusieurs autour d'un même plat, toujours aussi convivial. Puis Mamadou nous emmena prendre le thé chez ses potes qui vivent un peu en dehors de la ville dans un quartier amménagé pour les gens qui travaillent à l'usine de minerais et pour la compagnie du chemin de fer, laure en a même profité pour se faire remettre son ventre en ordre par un des potes qui est marabout ^^.
Ils nous ont ensuite emmenés à la plage où spectacle impressionant nous attendait: des dizaines et des dizaines d'épaves de bateaux échouées en un immense cimetière marin... c'est grand, c'est tout rouillé, mais c'est très beau à voir. A ce qu'il parait ces bateaux auraient été livrés neufs à la ville sans que personne ne soit formé pour les utiliser, ils pourrissent ici depuis ce jour là sans avoir pris le large une seule fois... triste sort pour un bateau...

Le soir Mamadou nous invita chez lui pour diner avec sa femme et leur crevette d'une semaine, puis il nous a raccompagné au camping pour une nouvelle nuit sous la tente.

Le lendemain il nous a rejoint pour nous emmener au souk acheter des chèchs qui nous ont bien servi par la suite dans le train. Il nous accompagna ensuite à la gare pour enfin prendre ce fameux train!

     Grace à ses 3 locomotives et ses 250 wagons, le train minéralier de mauritanie atteind une longueur de 2 kilomètres de long, et est donc le plus long et le plus lourd train au monde. Au départ de Nouadhibou les wagons sont vides et l'on peut y monter gratuitement pour un périple de 16 heures jusqu'à Zouérate, ou bien pour 13h "seulement" jusqu'à Choume comme nous l'avons fait.
C'était une belle aventure, nous avons bu du thé en discutant avec les mauritaniens qui étaient avec nous, nous avons eu droit à un ciel étoilé magnifique dans le désert et nous avons mangé des kilos de sable (on en a eu autant dans les yeux).
     Nous sommes arrivés à Choume vers 2h du mat et nous sommes montés à l'arrière d'un pick-up 4x4 (entassés à 20 sur les bagages ^^) pour de longues heures heures de piste tantôt sablonneuse tantôt rocailleuse, nous avons eu droit au lever de soleil en roulant, il n'y avait personne d'autre que nous, les paysages étaient incroyablement beaux et diversifiés, c'est une permanente fusion de dunes et de montagnes, parsemé de petits lacs et de quelques habitations isolées, dans ces moments là on se sent vraiment privilégiés...

Arrivés vers midi à Atar, en cherchant une auberge nous avons rencontré Moktar qui nous prété la maison d'un ami à lui parti en vacances histoire de nous dépoussiérer et de nous reposer.
Il nous avait proposé de rester autant qu'on voulait mais de la famille de son ami a débarqué à l'improviste et  nous avons décidé de reprendre la route pour aller à une oasis à 1h de route de là.
Moktar nous trouva un vieux land rover faisant la liaison et il nous accompagna même là bas pour rendre visite à des amis qui vivent au village.

Sur la route on a vraiment pris conscience à quel point la mauritanie est une terre arride, on se demande comment les gens peuvent vivre en dehors des grandes villes... En arrivant à l'oasis par contre, il y a tout un village qui vit de la récolte des dattes qui poussent dans la palmeraie plantée autour d'une source d'eau minérale... Nous sommes arrivés avec la nuit mais celà ne nous a pas empêché de voir à quel point la palmeraie était un petit paradis! Il faut imaginer du sable et des palmiers encaissés tout au fond d'une vallée entre des murs de montagnes qui partent à la verticale se perdre dans les étoiles que l'on apperçoit entre les feuilles de palmiers, tout ça le long d'une source qui sort du sable et coule dans la vallée en faisant un bassin naturel où l'eau est à 27 degrés... Rajoutez quelques tentes traditionnelles perdues entre les troncs et vous aurez une petite idée du tableau ^^.
Nous avons passé la nuit seuls dans ce lieu après nous être baignés et fait préparer le thé et le repas (accompagné de dattes fraiches) par le gardien. Il va sans dire que la nuit fut plutôt bonne...

Nous sommes restés deux jours dans ce petit paradis, juste le temps pour moi (dimitri) qui aime les choses exotiques de découvrir les joies de la turista suite au seul repas que nous avons nous même préparé (faut le faire quand même...), cette nuit là fut moins agréable pour moi ^^.

Aujourd'hui tout le monde va bien, nous avons repris la route tôt ce matin pour aller à Nouakchott et après un moteur cassé et un pneu crevé nous sommes finalement arrivés ce soir dans une auberge vraiment sympa et nous pouvons enfin vous donner ces quelques nouvelles avant de déjà bientôt partir pour le Sénégal car le temps passe et si l'on veut arriver au burkina début octobre comme prévu, il ne faut pas trop traîner!

bise à tout le monde!
par Laure n' Dimitri publié dans : downtoburkina
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Vendredi 15 septembre 2006

Salut à tous!

5 jours déjà se sont écoulés depuis le dernier article. Mais ne vous inquietez pas, tous va bien! Nous avons décidé de descendre assez vite jusqu'à la frontière Mauritanienne car le temps file et nous avons eu tendance à nous laisser un peu vivre dans ces belles cités marocaines!

         Nous avons fait pas mal de kilomètres et un bon nombre d'heures de bus à travers le Sahara en direction du sud en longeant la côte. La route étant longue et les bus premiers-prix en piteux état, nous sommes tombés en panne trois fois au cours d'un même trajet...

 

C'était quand même bien sympa car on aurait pu payer plus cher pour avoir un bus confortable et climatisé, mais là on a vraiment partagé un moment autentique (le chauffeur était vraiment un personnage ^^) et on a pu voir à quel point les marocains sont débrouillards.

         Une fois arrivés à destination à Tan-Tan, une ville-étape construite autour de la route, et après une nuit dans un hôtel rempli de cafards, on a abandonné notre vieux bus miteux pour continuer avec un vrai véhicule d'aventurier (Indiana si tu nous regardes...), un bon vieux Land Rover chargé à la toque dans lequel on s'est entassés à dix plus le chauffeur!

 

on en a même vu avec des chèvres chargées sur le toit, sous le filet ^^

Le land nous emmena sans encombres jusqu'à Laâyoune avec un joli score de 60km/h de moyenne, ça nous a laissé le temps de faire connaissance avec nos camarades de voyage et de nous faire inviter à passer la nuit chez Mariam, Saïd et le petit Smaïn.

Saïd est militaire mécano dans l'aviation, il a donc un "bon salaire" et un grand appartement (sans fenêtres!), c'était propre, nous étions bien installés et nous avons été reçu comme les marocains savent si bien le faire; dommage que Laure ai choisi cette occasion pour vomir son repas du midi (un vrai voyage de routards ne se fait pas sans une bonne tourista n'est ce pas?). Ils ne parlaient pas vraiment français mais on s'est plus ou moins compris ^^, on a bien sympatisé et le petit Smaïn a même pleuré quand nous nous sommes quittés le lendemain...

 

Nous avons ensuite poursuivi notre descente, serrés comme des sardines en boite, dans un "grand" taxi (3 devant et 4 derrière...) jusqu'à Boujdour puis dans un bus climatisé (quel luxe!!) jusqu'à Dakhla, dernière ville au Sud du Maroc avant la frontière Mauritanienne, où nous sommes actuellement.

 

Nous avons nos visas, nos passeports et quelques euros achetés ici au marché noir (pas de distributeurs en Mauritanie!!!!), et nous avons rendez-vous demain matin pour passer la frontière dans un fourgon avec d'autres voyageurs, beaucoup de paperasse à remplir à chaque poste de contrôle au programme, mais qu'importe! Mauritanie, nous voici!!

par Laure n' Dimitri publié dans : downtoburkina
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Images aléatoires

info vrac

Maroc 1 euro = 10,8 dirhams
Mauritanie 1 euro = 338 ouguiyas
Mali 1 euro = 650 francs cfa
Burkina Faso 1 euro = 650 francs cfa

"Ceux qui sont trop pressés sont déjà morts"     - Samir, Fès -

"Quand le ventre est plein le nègre est content"    - Mamadou, Nouadhibou -

"Je suis athé, dieu merci"   - Jean-Marc, de toulouse -

"Quoi que nous fassions, un éléphant ne rentrera jamais dans une marmite"    - proverbe africain -

"La vraie cuisine est celle dont on ne se fatigue jamais. Après un repas parfait il faut garder l'impression qu'on serait capable de recommencer, c'est un peu comme après l'amour mais ceci est une autre histoire..."    - Ernest, cuisto, Bobo -

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