le crou

l'idée

Enfiler nos baskets, prendre nos sacs à dos et partir de Toulouse à Bobo-Dioulasso en passant par l'Espagne, Maroc, Mauritanie, Sénégal, Mali et Burkina Faso, à la rencontre de gens qui vivent ailleurs, différemment, dans un contexte qui n'est pas le même. Partir vérifier par nous même s'il est vrai que c'est lorsqu'on ne possède rien que l'on à tant à partager. Aller à la recherche de ces valeurs qui ont disparu chez nous et qui semblent toujours exister là-bas. Partir aussi pour voir ce qu'est vraiment la misère et essayer de s'en souvenir quand on se plaindra un peu trop souvent de nos problèmes si "importants". Aller voir de nos propres yeux un échantillon de la diversité de ces incroyables paysages qui parsèmment la terre et dont on a presque oublié qu'ils n'existent pas qu'à la télé. Et aller boire une Flag au Tarkay tout simplement.

Calendrier

Octobre 2006
L M M J V S D
            1
2 3 4 5 6 7 8
9 10 11 12 13 14 15
16 17 18 19 20 21 22
23 24 25 26 27 28 29
30 31          
<< < > >>

ze message d'accueil

Salut à tous!!! Bon alors la situation est simple: nous sommes sur les routes (ou plutôt les pistes) quelque part entre Toulouse et Bobo-Dioulasso (on est juste à côté d'un caillou pas loin d'une poule, vous pouvez pas nous louper), et vous êtes chez vous entrain de siroter un pastis, à priori on ne va pas se voir avant un p'tit moment... C'est donc ici que nous nous retrouverons en attendant, mettez vous à l'aise et faites comme chez vous car vous êtes les bienvenus. (sauf les moustachus)
Vendredi 20 octobre 2006
Salut tout le monde!

       Bon déjà je tiens à m'excuser pour la rarification des articles et autres photos sur le blog, j'en suis bien conscient et c'est pas très sympa pour ceux qui veulent avoir des nouvelles ou qui essayent de voyager un peu avec nous à travers cette petite fenêtre sur l'afrique qu'est downtoburkina.
Je ne vais pas chercher d'excuses (même s'il y en a!) (si si c'est vrai), je vais juste essayer de tenir le radeau à flots en attendant d'être de retour en france et bien tout vous raconter avec photos à l'appui.

     Donc je vais essayer de vous mettre dans l'ambiance, installez vous bien dans votre petit fauteuil, servez vous une petite bière (ou un bon thé chaud, c'est peut-être un peu plus de saison pour vous ^^). Quoi qu'il en soit, préparez vous, on repart en voyage...

- fondu enchaîné qui ondule légèrement avec une petit scintillement de sons doux genre pluie de pailettes -

Vous n'êtes plus chez vous maintenant, mais au beau milieu d'une cour africaine plutôt grande avec un immense arbre à Pommes-Canelles plein de fruits. Il y a aussi d'autres arbres plus petits et des buissons de plantes bien ordonnés comme de petites haies, toute cette verdure procure un ombrage et une fraîcheur bien appréciable car il fait très beau. Au dessus de votre tête se croisent de multiples fils à linge qui traversent la cour de part en part et où pendent de nombreux habits colorés qui goutent en dorant au soleil; ils viennent juste d'être lavés par Bassira, c'est elle là, qui est entrain de remplir son seau au robinet commun au milieu de la cour. Encore entrain de rire comme d'habitude... C'est vous qui la faites rire assis dans votre fauteuil comme ça, levez vous vous êtes les bienvenus! Regardez là, juste en face dans l'autre coin, la femme qui prépare à manger pliée en deux avec un bébé attaché dans le dos c'est Mariam, ça sent bon je crois que c'est du faro. En tous cas ça à l'air de plaire à la petite Djénéba, elle gazouille en faisant des bulles ^^.
La vieille qui somnole sur son siège avec son boubou et ses grosses lunettes, c'est Fanta, la propriétaire, elle est assise là toute la journée et surveille que tout soit bien fait, c'est aussi elle qui donne l'argent quand il faut aller acheter quelque chose. Le gars dans l'arbre qui vous fait tomber des feuilles dessus c'est Kader, il est entrain de chercher une pomme-canelle bien mûre pour moi, je vous ferai goûter c'est délicieux. Tous les gamins qui vous regardent en rigolant assis par terre devant l'entrée sont des enfants du quartier, ils sont tous venu ce matin dès qu'ils ont entendu le son du djembé et du doum-doum des deux musiciens qui jouent là sur le banc pendant que Issa, le prof de danse de laure lui montre un nouveau pas. Elle apprend super vite on sent qu'elle adore ça. Tiens justement elle refait tout l'enchaînement toute seule, on va s'assoir avec les enfants.
Ils frappent des mains pour accompagner, ça fait sourire laure, c'est pas tous les jours qu'elle a un public comme ça! Elle transpire beaucoup, il faut dire que ça fait déjà 1h et demie qu'elle se donne à fond sur les rythmes endiablés des percus... courage, plus qu'une demie heure. En tous cas elle danse vraiment bien, tout le monde est  impressionné: une toubab qui bouge comme une africaine!
On va la laisser terminer, elle nous rejoindra plus tard.
Toutes les portes colorées qui donnent sur la cour  à part celle de l'entrée sont autant de logements; il y en a trois pour la famille, une louée à un couple africain, ben tiens, la femme c'est elle là entrain de balayer, elle a une main atrophiée mais elle fait tout comme les autres elle se débrouille très bien; l'autre porte à côté c'est celle de Kossy mais vous ne le verrez pas ici il est parti à la fonderie tôt ce matin, il est bronzier, je vous montrerai des photos de son travail.
La dernière porte rouge là, c'est chez nous, entrez on va visiter. Attention à la marche. Alors voilà ici c'est le salon, comme vous le voyez c'est plutôt grand, on y rentre même la mobylette la nuit... La déco est plus que sommaire et assez hétéroclite mais j'aime bien cette vieille carte sur le mur là, du temps où le burkina s'appellait encore la Haute Volta. Ah si, par contre ce masque ci et les petites sculptures sur le rebord de la fenêtre c'est Charlotte qui nous les a prétés pour meubler un peu ^^, elle les a acheté à Boromo chez son ami l'artiste Bomavé, je l'ai déjà rencontré à un festival africain aux alentours de toulouse, il travaille bien. Bon sinon à part ça il n'y a que cette table basse et les chaises en bois qui sont autour, le ventilateur et le lit une place dans le coin qui nous sert de canapé. Le joli tissus qu'on a mis dessus ne vient pas d'ici, on l'a rammené de Mauritanie y'en a de magnifiques là bas...
Et puis là sur ce petit tabouret près de la porte c'est étagère à petit déj'. Il y a tout ce qu'il faut, sachés de thé, lait en poudre, sucre, bananes et surtout, surtout, le pot de nutella que Philippe nous a rapporté en surprise de France ^^.
Ici c'est notre chambre avec le grand lit et la moustiquaire, ne faites pas attention aux habits qui trainent partout, on a un petit soucis de place pour les stocker... Et juste derrière là c'est la chambre d'Emilie avec le coin douche (le trou par terre et le seau d'eau).
Bon ben voilà on a fait le tour de notre petit chez nous, on aurait pu être plus mal logé hein? ^^ On se sent vraiment bien ici car il y a toujours de la vie, et on fait déjà presque partie de la famille.

Bon il est l'heure pour moi de partir, j'ai des courses à faire en ville, mais revenez plus tard, on continuera la visite ensemble, je vous ferai faire un tour de la ville en mobylette.

bye

par Dimitri publié dans : downtoburkina
ajouter un commentaire commentaires (7)    recommander
Samedi 14 octobre 2006

Un beau voyage commence toujours par une belle rencontre...

Quelques jours avant mon départ pour Bobo Dioulasso, j'ai fait la rencontre d'un ange du continent noir : Fatou. Fatou, c'est l'étoile de Bobo, c'est la "coucou" de Laure. Elle est belle, sensible, surprenante, incroyablement vivante. On ne peut que tomber sous le charme. C'est à Paris que nous nous sommes rencontrées avec Jean, son ami. Ce qui frappe d'emblée chez cet homme, c'est sa curiosité, son goût pour la culture et pour l'art, pour les hommes et leurs savoirs-faires, son amour pour l'humain.

Ensemble, nous nous sommes promenés dans les rues de Paris, en prenant le temps d'apprendre à nous connaître.  Nous nous sommes laissés porter par les vents, un peu à contre-courant de la vie parisienne et de son empressement. Les mots me manquent pour vous faire partager ces moments de découverte. Les yeux écarquillés de Fatou, son immuable coquetterie, sa sensibilité pour le malheur des hommes ont restauré mon regard aveuglé par le stress de la vie quotidienne.

Quelques jours plus tard, nous prenons notre envol pour Ouagadougou, capitale du Burkina Faso. A l'aéroport de Paris, c'est déjà un peu l'Afrique, tout le monde parle, tout le monde rit et notre tristesse de quitter ceux que l'on aime s'apaise un peu. Après une longue nuit entrecoupées d'escales à Agadir et à Bamako, nous nous posons à Ouaga' sous une chaleur déjà écrasante pour un début de matinée. A la lumière de l'aube se dévoile une ville de terre et de poussière ocre. Déjà les vélos et les mobylettes se pressent entre les buildings.

A la descente de l'avion, une mauvaise surprise nous attend : mon sac à dos est resté en France. Mais je suis bien décidée à ne pas m'en faire, comme on dit ici " y'a pas de problème ". Et d'ailleurs tout s'arrange, Fatou m'a prêté des vêtements, son oncle de Ouaga va s'occuper de réceptionner mon bagage quand il arrivera, s'il arrive !  :-)

Après quelques formalités, nous prenons le bus pour Bobo Dioulasso. A l'arrivée, tout le monde nous attend : Laure, Dimitri, le amis et la famille de Fatou. J'ai du mal à retenir mes larmes devant cet accueil chaleureux et ma joie de revoir ma petite soeur. Ce soir, la famille de Fatou a organisé une petite fête. Un vrai repas de roi accompagne nos récits de voyage et nos plaisanteries. Ceci n'est pourtant pas si inhabituel. Les bobolais sont des gens très accueillants, soucieux des autres et de leur bien-être, toujours prêts à partager un moment ou à faire la fête.

Ainsi commence ma découverte d'un pays empli d'amour et de joie de vivre, un pays qui invite au repos, à la rencontre et à l'échange...

par Emilie publié dans : downtoburkina
ajouter un commentaire commentaires (1)    recommander
Samedi 14 octobre 2006

Ani soroma, bonjour!

       Nous sommes maintenant à Bobo depuis deux semaines et la vie se déroule tranquillement, il fait bien beau et chaud, on pense à vous et à l'automne qui doit s'installer là-bas, on se demande si on va rentrer finalement ^^. En même temps il pleut aussi par moments car la saison des pluies n'est pas tout à fait terminée...

Ici la ville est vraiment agréable, les gens sont tous gentils et souriants bien que ce soit souvent pour vous vendre quelque chose, et on mange super bien pour 100 à 500 francs cfa, on se demande ce qu'ils y gagnent...

Ce qui marque ici c'est qu'il y a une lumière particulière qui rend les couleurs plus belles que chez nous c'est assez difficile à expliquer mais j'ai un peu l'impression de me promener dans un tableau, le ciel lui aussi est impressionnant, on dirait même qu'il est plus grand qu'en france...

Nous n'avons malheureusement pas trop le temps d'écrire de longs textes comme vous avez pu le voir, de plus on risque l'angine à chaque fois dans les cyber tellement la clim est forte. Laure organise son temps entre ses cours de danse, son boulot à la fonderie, et ses soirée au Tarkay, elle ne peut donc plus trop aller sur internet; je vais donc essayer de garder le blog à jour en mettant plus de photos et moins de texte.

bise à tout le monde!

par Laure n' Dimitri publié dans : downtoburkina
ajouter un commentaire commentaires (1)    recommander
Mercredi 4 octobre 2006

Bien le bonjour chers amis,

        Nous avons comme convenu quitté la Mauritanie il y a quelques jours déjà, par une route qui longe plus ou moins le fleuve Sénégal et qui porte un bien joli nom puisqu'elle est connue en tant que "route de l'espoir". Il s'agit à l'origine d'un grand projet qui était de construire une voie goudronnée  entre Nouakchott à Bamako afin de développer les échanges entre ces deux villes. Ce projet n'arriva pas à terme puisqu'il reste environ 170km de piste bien cabossée un peu avant Bamako...

Il nous a fallu 4 jours pour effectuer le trajet car nous devions nous arréter dès la tombée de la nuit, la route étant sans arret traversée par des centaines de troupeaux de chèvres, ânes, zébus ou dromadaires... c'est incroyable tout les animaux que nous avons pu voir, pour un peu on se serait cru dans un safari ou dans l'enclos d'un zoo...



 

 

(En ce qui concerne notre ami le dromadaire rebondissant, c'est pas qu'il sautille de joie d'aller au bord de l'eau, c'est plutôt qu'il a les pattes de devant attachées ensemble).

Le passage de la frontière Malienne se fit sans encombre, nous avons juste eu à décliner gentillement la proposition du douanier qui consistait à lui verser 2000 ouguiyas par personne pour ses "frais de dossier". Qui ne tente rien n'a rien...

On a tendance à dire que les frontières ne sont que des lignes virtuelles, mais il est impressionnant de constater à quel point les paysages et les gens sont différents de part et d'autre des ces lignes invisibles. Autant la Mauritanie était vraiment un pays sec sans arbres, autant le Mali se révéla être verdoyant avec pleins de forêts... De la même manière, les mauritaniens pratiquent un islam où on rigole pas tous les jours, alors que les maliens vous diront avec un grand sourire qu'ils ont choisi un islam "moderne", c'est à dire qu'ils prient à l'occasion, si ils ont fini leur bière ^^.

Bref  quand on entre au Mali, on arrive vraiment en Afrique noire, l'ambiance est à la fête, les gens sont adorables et les enfants vous demandent un cadeau ou un "bic" avant de vous dire bonjour... Ici on aime pas le Paris-Dakar car les gens nous disent qu'avec tout leur argent ils donnent plein de cadeau aux gamins qui pensent ensuite que tous les toubabs (les blancs) sont riches, et ils préfèrent du coup faire la manche plutôt que d'aller à l'école. Sans compter que ça déstabilise l'économie locale, le marchand de quartier qui vendait des stylos peut commencer à chercher un autre boulot.

Je suppose (j'espère!) que les organisateurs et participants du Paris-Dakar voulaient bien faire, ça montre à quel point il faut faire attention et envisager toutes les conséquences que pourrait ammener telle ou telle action ici. Il arrive qu'en voulant aider dans un sens, on provoque plus de dégats sur un autre plan... Pour nous qui comptons sur notre voyage pour nous faire une idée des besoins en Afrique et essayer monter un projet pour la prochaine fois, c'est une bonne leçon.

        Bon, nous avons du rester un peu à Nioro-du-Sahel, permière ville après la frontière car nous étions tous les 3 complètement à sec, le premier distributeur était à Bamako, et à moins de pousser la voiture sur les derniers 400km, il fallait trouver de l'argent pour mettre du gasoil. C'est assez frustrant d'avoir de l'argent sur son compte (une fois n'est pas coutume comme on dit) et de ne pas pouvoir le retirer...

Pendant que Jean-Marc essayait de trouver un peu de fraîcheur sous un arbre, nous nous sommes adonnés au sport national:  chercher un toubab qui pourrait nous filer des sous. Après enquête nous avons entendu parler d'un prêtre belge qui bosserait dans une mission locale pas trop loin de là... On tente le coup, ça fait longtemps qu'on en a pas vu en plus, c'est limite de l'ethnologie, parfait ça colle au voyage.

Nous rencontrons donc cet homme dans une bibliothèque qu'il a mise en place pour les enfants du quartier. Nous lui faisons part de notre petit problème, et il nous dit qu'il a un compte en France et qu'il peut donc nous dépanner... Sympa. Nous le remercions chaleureusement, nous avons maintenant de quoi manger, dormir, et faire le plein.

      C'est donc le lendemain dans l'après midi, après une journée de piste/route, que nous sommes enfin arrivés à Bamako...

Nous avons enfin pu retirer de l'argent, rembourser Jean-Marc, et retrouver notre autonomie! ahhh... c'était tellement bon que nous sommes directement aller boire une Flag pour fêter ça ^^.

Nous avons passé la nuit dans une auberge encore plus sympa que celle de Nouakchott, mais il n'y avait pas autant d'ambiance. Nous avons passé une journée dans cette ville, c'était dimanche mais nous n'avons pas vu de mariage ^^. Par contre on nous avait dit qu'il y avait des hippopotames juste en dessous de l'un des deux ponts qui traversent l'immense fleuve Niger, nous avons guetté mais ils ne sont pas montrés. Du coup on est allé au zoo, c'est plus simple.

      Nous avons fait nos adieux à tous le monde tôt le lendemain car nous avions réservé un taxi-brousse pour la dernière partie de notre voyage, ça nous a fait bizarre de nous dire que nous étions bientôt arrivés, après un mois de nomadisme on s'y habitue un peu...

    Voilà, maintenant nous sommes à Bobo-Dioulasso depuis 2 jours, fin du voyage, ici s'arrête l'aventure itinérante et ici commence l'aventure humaine, un mois de vie à l'africaine à Bobo au BURKINA FASO "pays des hommes intègres".

Bisous à tous, on pense bien à vous comme d'hab', revenez nous voir de temps en temps, il y aura de nouveaux articles sur le blog!

par Laure n' Dimitri publié dans : downtoburkina
ajouter un commentaire commentaires (4)    recommander

Images aléatoires

info vrac

Maroc 1 euro = 10,8 dirhams
Mauritanie 1 euro = 338 ouguiyas
Mali 1 euro = 650 francs cfa
Burkina Faso 1 euro = 650 francs cfa

"Ceux qui sont trop pressés sont déjà morts"     - Samir, Fès -

"Quand le ventre est plein le nègre est content"    - Mamadou, Nouadhibou -

"Je suis athé, dieu merci"   - Jean-Marc, de toulouse -

"Quoi que nous fassions, un éléphant ne rentrera jamais dans une marmite"    - proverbe africain -

"La vraie cuisine est celle dont on ne se fatigue jamais. Après un repas parfait il faut garder l'impression qu'on serait capable de recommencer, c'est un peu comme après l'amour mais ceci est une autre histoire..."    - Ernest, cuisto, Bobo -

Recherche

deposer un nom de domaine sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur avec TF1 Network - Signaler un abus